SOURCE: Grands Défis Canada

Grands Défis Canada

SOURCE: Sauver des cerveaux

Sauver des cerveaux

SOURCE: L’École de santé publique T.H. Chan de l’Université Harvard

L'École de santé publique T.H. Chan de l'Université Harvard

01 nov. 2016 14h00 HE

Premier risque de retard de croissance infantile dans le monde en développement : une faible croissance avant la naissance

TORONTO, ON and BOSTON, MA--(Marketwired - 1 novembre 2016) -

  • Selon une étude du programme " Sauver des cerveaux " financé par le gouvernement du Canada : 25 % des retards de croissance chez les enfants des pays en développement sont liés à une faible croissance dans l'utérus, qui entraîne souvent une naissance avant terme ou un faible poids à la naissance.
  • Les auteurs prescrivent un " changement de paradigme " - passant d'interventions ciblant uniquement les enfants et les nourrissons à celles visant les mères et les familles.

Dans une nouvelle étude financée par le Canada, des chercheurs de l'École de santé publique T.H. Chan de l'Université Harvard ont établi pour la première fois un classement des facteurs de risque liés à un retard de croissance des enfants dans les pays en développement, dont le plus important se produit avant la naissance - une croissance insuffisante du fœtus dans l'utérus.

Sur la base de leurs conclusions, ils prescrivent des changements fondamentaux dans les approches visant à remédier à un retard de croissance, qui ciblent aujourd'hui principalement les enfants, en préconisant de mettre davantage l'accent sur les interventions visant les mères et les facteurs environnementaux tels que la mauvaise qualité de l'eau et les piètres conditions sanitaires, ainsi que l'utilisation de combustibles de biomasse à l'intérieur des maisons.

Financée par le gouvernement du Canada dans le cadre du programme " Sauver des cerveaux " de Grands Défis Canada, l'étude indique qu'en 2011, quelque 44 millions (36 %) d'enfant âgés de deux ans dans 137 pays en développement avait un retard de croissance, défini comme étant deux écarts-types ou plus sous la médiane mondiale. Environ le quart (10,8 millions) de ces cas de retard de croissance concernait des bébés nés à terme, mais anormalement petits.

Les résultats font ressortir la nécessité de mettre davantage l'accent sur l'amélioration de la santé maternelle avant et pendant la grossesse, selon les chercheurs de l'École Chan de l'Université Harvard, dont les travaux étaient publiés aujourd'hui dans PLOS Medicine.

L'absence d'installations sanitaires optimales qui assurent une séparation hygiénique des déchets humains de tout contact humain est le second facteur ayant le plus grand impact dans le monde, en étant responsable de 7,2 millions de cas de retard de croissance (16,4 %), suivi au troisième rang par la diarrhée infantile, avec 5,8 millions de cas (13,2 %).

La nutrition des enfants et les facteurs de risque d'infection représentaient globalement six millions (13,5 %) de cas de retard de croissance.

La maternité à l'adolescence et un court intervalle entre les naissances consécutives (moins de deux ans) sont les facteurs auxquels on a attribué le moins de cas de retard de croissance parmi les facteurs de risque analysés, soit 860 000 (1,9 %) de l'ensemble des cas.

L'étude conclut que la réduction du fardeau des retards de croissance nécessite des efforts continus pour diagnostiquer et traiter les infections maternelles et infantiles, en particulier la diarrhée, et " un changement de paradigme... pour passer des interventions axées uniquement sur les enfants et les nourrissons à celles qui rejoignent les mères et les familles ".

D'expliquer l'auteur principal, Goodarz Danaei, professeur adjoint de santé mondiale à l'École Chan de l'Université Harvard, " Ces résultats soulignent l'importance des interventions précoces avant et pendant la grossesse, en particulier les efforts visant à lutter contre la malnutrition. Ces efforts, couplés à l'amélioration des conditions sanitaires et à la réduction de la diarrhée, préviendraient une part substantielle des retards de croissance chez les enfants des pays en développement ".

" C'est un sérieux problème à tous les niveaux - individuel et national ", ajoute-t-il. " Une croissance insuffisante en début de vie est étroitement liée à une scolarité insuffisante et comporte un coût immense en potentiel humain non réalisé pour les pays en développement. Les retards de croissance sapent la productivité économique, limitant le développement des pays à faible revenu ".

Alors que des recherches antérieures avaient identifié un grand nombre de facteurs de risque de retard de croissance liés spécifiquement à la nutrition, comme la prématurité, une carence en zinc et le paludisme maternel, la contribution relative de ces facteurs de risque n'avait pas été systématiquement examinée pour tous les pays.

" Nos résultats apportent une preuve supplémentaire que des interventions nutritionnelles intégrées, comme l'amélioration de la qualité de l'eau et des conditions sanitaires, sont justifiées en plus des interventions liées spécifiquement à la nutrition, pour influer sur le risque de retard de croissance à l'échelle mondiale ", affirme l'auteur et chercheur principal Wafaie Fawzi, professeur et président du Département de santé mondiale et de santé des populations à l'École Chan de l'Université Harvard.

En tout, 18 facteurs de risque, sélectionnés en fonction de la disponibilité des données, ont été regroupés en cinq catégories et classés :

  1. La faible croissance du fœtus et la naissance prématurée;
  2. Les facteurs environnementaux, y compris l'eau, l'assainissement et l'utilisation de combustibles de biomasse à l'intérieur des maisons;
  3. La nutrition et les infections maternelles;
  4. La nutrition et les infections infantiles;
  5. La maternité à l'adolescence et un court intervalle (moins de deux ans) entre les naissances consécutives.

Les chercheurs ont cartographié sur un site Web (healthychilddev.sph.harvard.edu) le fardeau des retards de croissance imputables à ces facteurs de risque dans les pays en développement, aidant ainsi les responsables des politiques à visualiser les importantes différences qui existent entre les régions, les sous-régions et les pays.

" Ces résultats peuvent aider les régions et les pays à prendre des décisions fondées sur des données probantes pour ce qui est des façons de réduire le fardeau des retards de croissance à l'intérieur de leurs frontières ", de préciser le professeur Danaei.

Voici certains des résultats observés au niveau régional :

  • Les facteurs environnementaux, tels que l'eau, l'assainissement et l'utilisation de combustibles de biomasse à l'intérieur, sont la deuxième principale catégorie de risque dans les régions de l'Asie du Sud, de l'Afrique sub-saharienne et de l'Asie de l'Est et du Pacifique.
  • Une mauvaise nutrition infantile et les infections constituent la deuxième catégorie de risque en Asie centrale, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
  • Parmi les pays d'Afrique subsaharienne, la prévalence des retards de croissance associés à de piètres conditions sanitaires en Afrique centrale, en Afrique de l'Est et en Afrique de l'Ouest est plus du double de celle observée en Afrique australe.
  • La diarrhée infantile a été associée à un fardeau de retard de croissance près de trois fois plus élevé dans la région des Andes et en Amérique centrale que dans la région de l'Amérique latine tropicale et australe.
  • La Somalie affichait la plus grande prévalence de retard de croissance attribuable à l'interruption de l'allaitement maternel avant que l'enfant n'atteigne entre 6 et 24 mois.

La nouvelle étude fait suite à la publication de deux grandes études sur la faible croissance infantile et les stades de développement, réalisées par la même équipe de " Sauver des cerveaux " avec un financement canadien, à l'École de santé publique T.H. Chan de l'Université Harvard.

La première étude, publiée dans PLOS Medicine le 7 juin, 2016, constatait que le tiers des enfants de trois et quatre ans dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ne parviennent pas à atteindre certains stades fondamentaux de développement cognitif ou socio-affectif.

La seconde étude, publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition le 29 juin 2016, constatait que la faible croissance des enfants coûte au monde en développement 177 milliards $US en pertes salariales et 69 millions d'années de scolarité parmi les enfants nés chaque année.

" Connaître les principaux facteurs de risque de retard de croissance, le coût global de la faible croissance des enfants et le nombre d'enfants n'atteignant pas certaines stades de développement sont des éléments d'information clés pour s'assurer que les enfants non seulement survivent, mais prospèrent ", d'expliquer le Dr Peter A. Singer, chef la direction de Grands Défis Canada.

" Ce type de renseignements est essentiel pour atteindre les objectifs de la Stratégie mondiale Chaque femme, chaque enfant, pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents. Si vous êtes ministre des Finances, vous voudrez vérifier les facteurs de risque de retard de croissance pour réduire l'impact sur le capital humain et le PIB de votre pays ".

L'importance de veiller à ce que les enfants puissent s'épanouir, au lieu de simplement survivre, ressort des Objectifs de développement durable des Nations Unies et est au cœur de la Stratégie mondiale Chaque femme, Chaque enfant, pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents. En 2014, l'Assemblée mondiale de la santé a fixé l'objectif de réduire de 40 % le nombre d'enfants subissant un retard de croissance dans le monde d'ici 2025.

Le programme Sauver des cerveaux appuie de nouvelles approches pour faire en sorte que les enfants s'épanouissent en protégeant et en stimulant le développement précoce du cerveau - offrant ainsi une stratégie à long terme pour sortir de la pauvreté. Sauver des cerveaux a investi un total de 43 millions $ dans 108 innovations et dans la plateforme technique Sauver des cerveaux, qui permet de suivre et d'accélérer les progrès accomplis en vue de relever ce défi.

Annexe

Tableau 1 : Nombre de cas de retard de croissance (en milliers) chez les enfants âgés de deux ans en 2011 attribuables aux groupes de facteurs de risque.

Groupe de facteurs de risque Nombre de cas de retard de croissance attribuables(en milliers) Facteurs de risque Définition
Retard de croissance fœtale et naissance prématurée  14 366  Prématurité, petite taille pour l'âge gestationnel  Naissance avant 37 semaines de gestation et poids <10e percentile pour l'âge gestationnel
 Prématurité, taille appropriée pour l'âge gestationnel  Naissance avant 37 semaines de gestation et poids ≥10e percentile pour l'âge gestationnel
 À terme, petite taille pour l'âge gestationnel  Naissance à, ou après, 37 semaines de gestation et poids <10e percentile pour l'âge gestationnel
 Faible poids à la naissance  Poids à la naissance <2500 g
Facteurs environne-mentaux  9 584  Conditions sanitaires non améliorées  Manque d'accès à des installations sanitaires sécuritaires dans la communauté (selon la définition de conditions sanitaires améliorées du Programme conjoint de suivi UNICEF / OMS)
 Qualité de l'eau non améliorée  Manque d'accès à de l'eau potable dans la communauté (selon la définition d'une amélioration de la qualité des sources d'eau du Programme conjoint de suivi UNICEF / OMS)
 Utilisation de combustibles de biomasse  Utilisation de combustibles de biomasse pour la cuisson et le chauffage
Nutrition et infections maternelles  6 374  Petite taille maternelle  Taille maternelle <160 cm
 Insuffisance pondérale maternelle  IMC maternelle <18,5 kg/m2
 Paludisme maternel  Paludisme pendant la grossesse
 Anémie maternelle  Taux d'hémoglobine maternel <110 g/L
Nutrition et infections infantiles  5 962  Carence en zinc durant l'enfance  Apport en zinc insuffisant pendant l'enfance, selon les besoins en zinc pour l'âge et le sexe
 Diarrhée infantile  Nombre moyen d'épisodes de diarrhée par an durant l'enfance
 Allaitement maternel non exclusif  Allaitement maternel non exclusif des nourrissons de moins de six mois
 Allaitement maternel interrompu  Interruption de l'allaitement maternel des enfants âgés de 6 à 24 mois
 Infection au VIH sans traitement antirétroviral hautement actif (HAART) avant l'âge de 2 ans  Infection au VIH de l'enfant sans initiation de la thérapie HAART jusqu'après l'âge de deux ans
Maternité à l'adolescence et court intervalle entre les naissances  858  Maternité à l'adolescence  Âge maternel inférieur à 20 ans à l'accouchement
 Court intervalle entre les naissances  Moins de 24 mois entre des naissances consécutives

Renseignements