Conseil de la Nation Atikamekw

Conseil de la Nation Atikamekw
Cardinal Communication

24 janv. 2012 11h30 HE

Relations Canada-Atikamekw Sipi : Le gouvernement doit entreprendre un virage

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 24 jan. 2012) - Dans le cadre de la "Rencontre Couronne-Premières Nations", la Grand Chef de la Nation Atikamekw, Eva Ottawa, ainsi que les Chefs de Manawan, Paul-Émile Ottawa, de Opitciwan, Christian Awashish, et de Wemotaci, David Boivin, ont mis en demeure le gouvernement fédéral d'amorcer immédiatement un virage pour l'établissement d'un réelle relation "de Nation-à-Nation". «Notre peuple ne laissera pas une autre génération vivre dans la dépendance et subir la discrimination. Si le gouvernement refuse d'agir, nous devrons réagir», a déclaré la Grand Chef Eva Ottawa.

Les Chefs Atikamekw rappellent que, depuis l'imposition de la Loi sur les Indiens, ce peuple a été forcé de se limiter à trois petites parcelles de terres situées dans des coins reculés des régions de la Mauricie, Bois-Francs et de Lanaudière. «Nous n'avons jamais cédé nos territoires que nous occupons depuis des temps immoriaux, nous les avons jamais échangés. Les ressources ont été pillées sans notre consentement», a précisé la Grand Chef Atikamekw.

Les revendications territoriales du peuple Atikamekw fait l'objet de pourparlers officiels avec les gouvernements du Québec et du Canada depuis plus de 30 ans. Les Chefs Atikamekw souhaitent que cette rencontre «Couronne-Premières Nations» constitue le prélude à une révision de la politique de revendications territoriales et permette d'accélérer ce processus qui doit mener à la conclusion d'un traité moderne.

Au plan des services, les Chefs Atikamekw se font tout aussi insistants. «Depuis plusieurs années, nous nous battons pour de meilleures conditions socioéconomiques, pour avoir accès à de plus grandes ressources et pour offrir un avenir intéressant à nos jeunes. Parfois, j'ai l'impression que nos efforts sont inutiles, que malgré les beaux discours, les politiciens canadiens n'ont pas le courage de poser les gestes nécessaires pour véritablement mettre fin à la discrimination dont nous sommes victimes et établir une réelle relation de partenariat avec nous», a expliqué la Grand Chef Ottawa.

Les Chefs Atikamekw dénoncent tout particulièrement le sous-financement des services de santé qui mettent en péril la sécurité de citoyens de ces trois communautés. «Si rien ne change, nous allons tenir personnellement responsables le premier ministre et le ministre canadien de la santé pour toute situation déplorable se produisait par manque de ressources financières», a averti le Chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

À l'égard des problèmes de logement, les Chefs Atikamekw souligne que le cas d'Attawapiskat n'est pas unique. «Comme toute autre société, nous devons faire de la gymnastique financière pour trouver des solutions novatrices, si on veut répondre aux besoins croissants malgré les coupures du gouvernement. Avec une augmentation démographique explosive, des coupures budgétaires significatives, des demandes de logement constantes, vers quel genre de société les Premières Nations vont-elles?», a questionné le Chef de Wemotaci, David Boivin.

Au niveau de l'éducation et du développement économique, le Chef d'Opitciwan, Christian Awashish, rappelle que sans un accès aux ressources du territoire, il est difficile d'assurer l'épanouissement de la Première Nation. «Comment accepté que le financement public d'un étudiant Atikamekw soit inférieur à celui d'un étudiant canadien? Surtout, lorsqu'on connaît les problématiques socio-économiques que nous vivons. L'éducation de nos jeunes constitue notre priorité mais n'avons pas l'appui suffisant du gouvernement nous permettant de répondre aux seuls besoins de base. Sans ressources, il nous est difficile de maintenir nos jeunes à l'école et de leur insuffler confiance en leur avenir», a expliqué le Chef Awashish.

Une nouvelle relation

Les Chefs Atikamekw tendent la main à Stephen Harper et l'inviter à engager une véritable réconciliation avec eux. «Car, nous conservons encore l'espoir d'un avenir meilleur pour notre Nation. Cet espoir repose principalement sur nos jeunes, qui représentent 60% de la population, et qui manifestent le désir de préserver leur identité et leur culture. Nous sommes l'une des rares nations au Canada qui parle encore sa langue à 95%», signale la Grand Chef Ottawa.

Pour ce faire, les Chefs Atikamekw demandent au gouvernement fédéral de renouveler immédiatement le mandat de son négociateur, afin de poursuivre et compléter le processus de négociation territoriale. «Nous attendons depuis deux ans pour que le gouvernement renouvèle le mandat de son négociateur. Entre temps, nous avons fait de grands pas avec le gouvernement québécois, mais sommes obligés de faire du sur-place sur les questions touchant les compétences fédérales. Pourquoi cette lenteur ? C'est incompréhensible, considérant que cette revendication est en pourparlers depuis plus de 30 ans et que nos négociations nous ont coûté environ 30 millions$. Tout cet effort mériterait que l'on poursuive et que l'on investisse quelques ressources supplémentaires nous permettant d'en venir à bout», a déclaré la Grand Chef Ottawa.

Les Chefs Atikamekw souhaitent que leur message soit entendu et que le gouvernement agisse de façon rapide. «Il y a une urgence d'agir. Nos jeunes ne sont pas aussi patients et dociles que nous», a précisé Eva Ottawa.

À propos de la Nation Atikamekw

Avec plus 6000 membres, la nation Atikamekw Nehirowisiw est la cinquième Première Nation au Québec. Elle est divisée en trois communautés, Manawan, Opitciwan et Wemotaci, regroupés sous le Conseil de la Nation Atikamekw, dont le président, le Grand Chef, est élu au suffrage universel. Sa revendication territoriale est en pourparlers avec les gouvernements du Québec et du Canada depuis 1980.

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