Institut Fraser

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28 mai 2013 06h32 HE

Sécurité énergétique : le Canada est à la traîne des États-Unis; les pipelines et l'accès à de nouveaux marchés de l'énergie sont la clé de la prospérité

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 28 mai 2013) - Le Canada a reculé dans l'indice international de sécurité énergétique, selon une nouvelle étude de l'Institut Fraser, un organisme de recherche en politiques publiques canadien indépendant et non partisan. Il se classe maintenant derrière les États-Unis et pourrait continuer à reculer à moins de pouvoir accéder à de nouveaux marchés de l'énergie.

« Pour le Canada, la Γǃsécurité énergétique" signifie la possibilité de participer librement aux marchés mondiaux de l'énergie et de récolter les bénéfices d'un meilleur développement de l'énergie », explique Kenneth P. Green, directeur principal des études sur l'énergie et les ressources naturelles à l'Institut Fraser et coauteur de l'étude intitulée Risks to Canada's Energy Security.

« À l'heure actuelle, ce sont les résultats de la politique américaine qui présentent les plus grands risques pour la sécurité énergétique du Canada. La politique américaine a en effet donné lieu à une forte augmentation de la production de pétrole et de gaz naturel aux États-Unis et à une baisse de la consommation d'essence, ce qui réduit la demande de produits pétroliers canadiens. L'opposition à la construction de l'oléoduc Keystone XL présente aussi des difficultés pour les autres projets de pipelines, qui sont essentiels au transport de l'énergie canadienne vers le marché. »

L'étude Risks to Canada's Energy Security compare la compréhension de la notion de « sécurité énergétique » au Canada et aux États-Unis. Elle analyse aussi les résultats de l'indice 2012 International Index of Energy Security Risk, produit par l'Institute for 21st Century Energy de la Chambre de commerce des États-Unis. Cet indice compare les ressources énergétiques, le commerce de l'énergie et les autres facteurs de risque - notamment les politiques - de 25 pays gros consommateurs d'énergie de 1980 à 2010.

Selon l'indice international de sécurité énergétique, le Canada se classe au 8e rang mondial, juste derrière les États-Unis, avec un score très proche de la moyenne de l'OCDE. Le Canada a cependant glissé dans le classement depuis 2009, où il occupait le 7e rang mondial.

« Le développement des sables bitumineux canadiens, associé à la production américaine de pétrole et de gaz non conventionnels, est en train de déplacer le centre mondial de production du Moyen-Orient vers l'Amérique du Nord, précise M. Green.

« Cependant, pour que le Canada puisse récolter les bénéfices d'une production accrue d'énergie, nous devons avoir accès à divers marchés. Des projets de pipelines comme Keystone XL et Northern Gateway sont donc essentiels. »

Comme pour le Canada, la sécurité énergétique des États-Unis se situe près de la moyenne de l'OCDE selon l'indice international de sécurité énergétique. Cependant, les coûts de l'énergie de notre voisin du Sud sont bas par rapport à ceux des pays de l'OCDE, un avantage qui augmente au fil du temps grâce à l'augmentation massive de la production d'énergie, qui réduit les coûts de la production d'électricité.

« Les atouts des États-Unis se reflètent dans sa production croissante de pétrole et de gaz, ses vastes réserves de charbon, ainsi que la baisse constante de la consommation d'essence grâce à l'utilisation de biocarburants produits au pays, selon M. Green.

« On ne saurait trop insister sur l'impact de la révolution du pétrole et du gaz de schiste sur la sécurité énergétique des États-Unis. »

Selon l'étude, la sécurité énergétique d'un pays est intimement liée à la sécurité énergétique ailleurs dans le monde. Ainsi, dans les années 1990, la croissance des réserves pétrolières signalée en Iran, en Iraq, en Arabie saoudite et au Venezuela a entraîné une forte augmentation des risques d'approvisionnement. La forte diminution du risque annoncée en 2003 s'explique presque entièrement par l'ajout de 175 milliards de barils de pétrole canadien.

« Manifestement, le potentiel énergétique du Canada est énorme. Nous avons toutefois besoin de nouvelles infrastructures pour transporter notre énergie à divers marchés et procurer ainsi d'énormes avantages économiques à l'ensemble des Canadiens », conclut M. Green.

La version intégrale de l'étude en format PDF (en anglais seulement) est téléchargeable gratuitement à www.institutfraser.org.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et collabore avec 86 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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