Institut professionnel de la fonction publique du Canada

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16 mai 2012 13h31 HE

Selon le syndicat des vétérinaires : Des animaux malades pourraient se retrouver dans la chaîne alimentaire si des changements à l'inspection sont approuvés

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 16 mai 2012) - Les modifications du Règlement sur l'inspection des viandes, en processus d'approbation, soulèvent des préoccupations relatives à la sécurité des produits consommés par les Canadiens et exportés vers d'autres marchés. Ces changements sont proposés alors que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) doit faire face à des compressions de l'ordre de 56 millions $ qui résulteront en perte d'emplois chez les vétérinaires et les inspecteurs.

« Ces modifications accroissent le risque que des animaux malades entrent dans la chaîne alimentaire si des examens ne sont pas effectués en temps opportun par des professionnels du gouvernement, indépendants, formés expressément à cette fin, » soutient Gary Corbett, le président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, le syndicat qui représente les 600 vétérinaires du gouvernement fédéral employés à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). « Pourquoi le gouvernement fédéral risquerait-il d'amoindrir ainsi la sécurité des aliments consommés par les Canadiens? »

Les modifications au Règlement sur l'inspection des viandes, présentées le mois dernier, permettront aux vétérinaires du secteur privé de désormais autoriser l'abattage et la saignée des animaux chez l'exploitant même, pour livraison ensuite (sans réfrigération) à des abattoirs situés dans un rayon de deux heures de route, pour des fins alimentaires destinés à la consommation canadienne et internationale.

Or, les vétérinaires du secteur privé n'ont pas reçu la formation spécialisée de plusieurs mois en abattage et innocuité alimentaire que leurs confrères à l'emploi du gouvernement fédéral ont reçue. De plus, ces vétérinaires en pratique privée pourraient apparaître en situation de conflit d'intérêts, puisqu'ils sont rémunérés par les éleveurs, dont certains pourraient être tentés de récupérer la valeur commerciale d'animaux déclarés inaptes au transport.

Même si la modification en cause ne touche qu'un faible pourcentage d'animaux d'élevage canadiens, elle pourrait tout de même faire courir des risques importants à l'industrie. Certaines maladies facilement détectables par les vétérinaires fédéraux deviennent indétectables une fois les animaux d'élevage abattus. Le gouvernement n'a pas consulté les vétérinaires de l'ACIA chargés de l'application du Règlement sur l'inspection des viandes et du Règlement sur la santé des animaux quant à cette modification réglementaire.

« Ce changement n'est certainement pas effectué dans l'intérêt public. Nos règlements actuels protègent la santé de la population canadienne et les marchés d'exportation importants, de la propagation de maladies telles que la rage, la tremblante des moutons et la maladie de la vache folle, ou encore d'empoisonnements au plomb ou émanant d'autres toxines, » ajoute M. Corbett. « Les Canadiens s'attendent à ce que le gouvernement s'assure que leur viande provient d'animaux sains. »

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada représente quelque 60 000 professionnels du secteur public canadien.

Renseignements

  • Johanne Fillion
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