Les parents de l'école Marguerite-Bourgeoys

Les parents de l'école Marguerite-Bourgeoys

06 juil. 2017 15h50 HE

Site d'injection supervisée "Spectre de Rue" - Les parents de l'école Marguerite-Bourgeoys saluent la formation d'un comité de quartier axé sur la sécurité des élèves

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwired - 6 juillet 2017) - Les parents de l'école Marguerite-Bourgeoys saluent la mise en place d'un Comité de quartier à l'initiative de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) axé sur la sécurité des élèves. Ce comité vise à recadrer dans le temps et dans l'espace le projet du site d'injection supervisée (SIS) initialement prévu dans les locaux actuels de « Spectre de rue », un organisme à but non lucratif situé au 1280, rue Ontario Est, à Montréal.

Dans une rencontre tenue le mercredi 5 juillet, à la demande du Dr Richard Massé, Directeur de la DSP, les parents d'élèves, en présence de leur commissaire scolaire Stéphanie Bellenger-Heng et de la direction de l'école, ont réitéré la nécessité de considérer à la fois l'objectif d'une sécurité absolue des enfants mais aussi les enjeux éducatifs dans le cadre de l'implantation d'un site d'injection supervisée avec une proximité scolaire.

En effet, l'un des enjeux majeurs de ce projet est d'intégrer le fonctionnement d'un SIS aux dynamiques actuelles du quartier, dont un corridor scolaire desservant des milliers d'enfants du Centre-Sud notamment de :

  • L'Association sportive et communautaire du Centre-Sud, avec ses 2400 membres actifs âgés de moins de 17 ans et située à 150 mètres ;
  • L'École primaire Marguerite-Bourgeoys, avec ses 214 élèves, située à 200 mètres ;
  • L'École primaire Garneau, avec ses 350 élèves, située à 550 mètres ;
  • L'École secondaire Pierre-Dupuy avec ses 305 élèves, située à 800 mètres.

En comparaison, l'école la plus proche d'un des SIS projetés dans la Ville de Toronto est à 4,7 km de distance.

A l'initiative des parents, la réunion s'est tenue à l'école Marguerite-Bourgeoys. Celle-ci a donné l'opportunité au groupe de parcourir le corridor scolaire et les environs. A la suite de quoi, les personnes représentantes du milieu éducatif, les parents et l'école, ont réaffirmé aux promoteurs du projet, Dr Massé et Dre Carole Morissette de la DSP, M. Jason Champagne du CIUSSS, et M. Gilles Beauregard de Spectre de rue, leur demande de suspension du projet tel que proposé. Ils ont aussi tenu à réaffirmer que cette rencontre ne pourrait en aucun cas être évoquée comme étant une réunion d'acceptabilité sociale dudit projet, mais bien une réunion d'affirmation d'opposition du milieu au projet d'un SIS au 1280, rue Ontario Est chez Spectre de rue. Ladite rencontre visait, entre autres, à l'évocation d'alternatives à ce dernier projet.

Ils ont à nouveau ouvert des pistes d'adaptation et d'évolution en phase avec le modèle « multi sites» retenu pour Montréal, notamment le choix d'un site éloigné des équipements et circulations dédiés à la jeunesse, des horaires décalés de ceux des activités des enfants, une ouverture permanente du site Cactus… Par ailleurs, ils ont questionné l'opportunité d'équilibrer géographiquement l'offre de services sur les territoires centraux de la métropole, puisque des besoins ont été rapportés également ailleurs et en ciblant particulièrement les moins de 25 ans consommateurs de médicaments opioïdes, comme par exemple dans le Sud-Ouest/St-Henri/Verdun.

En effet, le modèle « multi sites » prévoit à l'heure actuelle trois sites fixes, Dopamine dans Hochelaga-Maisonneuve (ouvert depuis le 19 juin 2017 avec 3 cubicules accessibles tous les soirs), Cactus dans le Centre-Sud (ouvert depuis le 19 juin 2017 avec 10 cubicules accessibles dès 14h) et l'Anonyme, le SIS mobile desservant les arrondissements d'Hochelaga-Maisonneuve, de Ville-Marie et du Sud-Ouest, ouvert depuis le 19 juin 2017 avec 2 cubicules accessibles tous les soirs et dont l'objectif avoué est de rapatrier les usagers vers les sites fixes de proximité.

Le site fixe envisagé dans les locaux actuels de Spectre de rue dans le Centre-Sud et dont l'ouverture serait prévue à la rentrée scolaire 2017 proposerait aux 25 usagers quotidiens actuels en moyenne 4 cubicules accessibles de jour, avec un objectif d'environ 60 usagers quotidiens.

A la lecture du modèle « multi sites » tel que proposé, les parents questionnent l'absence d'implantation d'un site fixe d'injection supervisée dans le secteur ouest de la métropole, pourtant du projet initial en 2011, et la concentration de l'offre dans le Centre-Sud, avec deux sites fixes à seulement 1,5 km de distance l'un de l'autre, l'un ouvert dès 14h jusqu'à tard dans la nuit (Cactus), l'autre qui le serait de jour au contact des enfants (Spectre de rue).

Lors de cette réunion a été actée la mise en place d'un Comité de quartier, sous l'égide de la CSDM, rassemblant les différentes forces vives du quartier et centré sur la question de la sécurité des enfants. À cet effet, les parents tiennent à saluer la nouvelle prise en considération de ce dernier élément incontournable et l'engagement des promoteurs du projet de suspendre l'ouverture du site d'injection supervisé initialement prévue pour la rentrée scolaire 2017 et ce, pour une période à être déterminée, ainsi que l'engagement pris pour collaborer à la recherche d'une solution gagnant-gagnant. Ils tiennent également à saluer l'engagement1 du maire d'arrondissement, M. Denis Coderre, à travers la participation à ces travaux de MM. Dufort, directeur général adjoint de l'Arrondissement de Ville-Marie, et Durocher, commandant du SPVM du poste de quartier 22, à ce Comité de quartier dont la première rencontre aura lieu à la rentrée scolaire prochaine.

Loin de polariser le débat, les parents souhaitent voir cette large mobilisation citoyenne (avec une pétition de plus de 500 signatures) considérée pour ce qu'elle est. Un cri du cœur pour que la sécurité des enfants et la prise en compte des missions éducatives, au même niveau que la santé publique, fassent partie des priorités lors de toutes décisions d'implantation d'un site d'injection supervisée. D'y voir le bien-fondé d'une cohabitation concertée entre deux populations vulnérables que sont les enfants et les consommateurs de drogues. D'y saisir la richesse d'un quartier, si longtemps mal aimé, aujourd'hui inclusif, dynamique, pluriculturel et multigénérationnel.

1 au conseil d'arrondissement du 5 juillet 2017.

Renseignements

  • Les parents de l'école Marguerite-Bourgeoys
    Christelle Perrine
    Représentante, Conseil d'établissement
    parentsdelevesmb@gmail.com