Gouverneur général du Canada

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12 juin 2007 19h15 HE

Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean : Discours à l'occasion d'une visite à Mishkeegogamang

Sous réserve de modifications

MISHKEEGOGAMANG, ONTARIO--(Marketwire - 12 juin 2007) -

Je suis honorée d'être en votre compagnie aujourd'hui, à l'occasion de la 33e conférence des chefs autochtones de l'Ontario, et je vous remercie chaleureusement, chef Beardy, de votre aimable invitation.

C'est pour moi un privilège de prendre la parole devant un tel rassemblement de chefs dans une province qui compte la population autochtone la plus nombreuse au pays.

Je suis une femme d'action, et une femme qui mise sur l'espoir.

Et c'est avec l'espoir dans le coeur que je me tiens devant vous aujourd'hui.

Depuis mon installation à titre de 27e gouverneur général du Canada, j'ai visité des communautés autochtones à la grandeur du pays.

Des jeunes, des femmes, des aînés, et des chefs m'ont enrichi de leurs points de vue sur le monde.

Je me prépare d'ailleurs à franchir pour la troisième fois le soixantième parallèle dans une semaine, pour célébrer au Yukon la Journée nationale des autochtones.

Et le premier voyage que j'ai effectué à l'étranger consistait à accompagner les anciens combattants autochtones en Normandie, en France, à l'occasion d'une tournée spirituelle sur les champs de bataille des Première et Deuxième Guerres mondiales.

C'est dire l'importance que j'accorde aux peuples autochtones, non seulement dans la composition de ce pays, mais dans le concert des nations.

Je sais que la vision que propose l'histoire est toujours partielle, parfois même partiale.

Ma conviction la plus profonde est que la liberté et la prospérité de ce pays ne doit pas être l'apanage de certains au détriment des autres.

Je dirais même que la liberté et la prospérité commencent au Canada avec ces grands espaces et ces terres généreuses dont vous, les peuples autochtones, nous avez communiqué le génie.

Vous êtes celles et ceux qui en ont d'abord célébré les richesses et qui nous ont appris à nous enraciner dans ce continent.

J'aime à répéter, partout au pays et dans le monde, que les peuples autochtones sont nos racines les plus profondes en terre d'Amérique.

Aussi est-il indigne d'un pays comme le nôtre, si fier de ses réalisations, de ne pas reconnaître à juste titre la contribution inestimable des peuples autochtones à notre histoire, à notre originalité et à nos projets d'avenir.

J'estime que notre avenir à toutes et à tous dépend en grande partie de notre capacité à reconnaître et à transcender nos peines et nos pertes.

Et de notre volonté de faire triompher les forces de la création des forces de la destruction, même si ce n'est pas toujours facile.

Mais c'est justement sa difficulté qui rend cette responsabilité aussi essentielle et, j'oserais dire, noble et exemplaire.

C'est une responsabilité que nous partageons aujourd'hui, nous ici présents.

Nous devons assumer cette responsabilité pour les générations qui marchent dans nos pas.

J'ai rencontré plus tôt aujourd'hui des jeunes d'ici pleins de ferveur et de promesses.

Permettez-moi de dire devant vous ce que j'ai dit à ces enfants.

Je leur ai dit qu'ils avaient la responsabilité de prendre en main leur destin.

Je leur ai dit qu'il fallait rêver grand.

Et nous avons exploré ensemble ce dont les communautés du Nord avaient le plus besoin.

Des médecins? Des infirmières? Des professeurs? Des ingénieurs? Des architectes? Des historiens? Des mécaniciens? Des plombiers? Des menuisiers? Des forestiers? Des avocats?

Et j'ai vu en chacun de ces enfants le désir d'accéder à ce rêve.

Je leur ai répété cette parole de sagesse de ma grand-mère selon laquelle l'éducation est la clé de la liberté.

A nous d'assurer la sécurité de nos enfants et de leur donner l'assurance qu'ils peuvent acquérir les moyens, par l'apprentissage et l'éducation, d'améliorer leur sort et celui de leur communauté.

Il faut faire de ces filles et de ces garçons les leaders qui vous succéderont.

Je leur ai dit à quel point il importait de préserver leurs traditions, leurs expériences et leurs langues, non seulement pour notre pays, mais pour l'humanité.

Nous devons garder en nos enfants ces lueurs d'espoir et les convaincre que tout est possible lorsqu'on y met du sien.

Et les inciter à ne jamais perdre la dignité que vous leur avez transmis, souvent dans des circonstances difficiles, voire inacceptables.

Vous savez que les jeunes sont pour moi une priorité.

Je veux que l'éducation donne à nos jeunes la liberté de faire des choix et d'accéder à des possibilités qui peuvent bénéficier à l'ensemble de la population.

A nous de faire en sorte qu'ils n'aient pas peur d'y rêver.

Bien sûr, l'éducation reçue à l'école s'ajoute au savoir traditionnel transmis de génération en génération.

Ce qui nous importe, c'est de permettre à nos enfants et à nos jeunes d'explorer tout un éventail de connaissances et de cultiver la fierté de ce qu'ils sont.

C'est avant tout pour nos jeunes que je suis ici aujourd'hui devant vous.

Il arrive que pour regagner confiance en eux, nos jeunes se tournent vers l'expérience, la mémoire et surtout, surtout, l'affection de leurs aînés.

Ne leur tournons pas le dos.

Tendons-leur au contraire la main et enseignons-leur à miser sur les promesses de renouveau.

Donnons-leur la chance et l'envie de vivre.

De vivre dans un monde meilleur que le nôtre.

Je vous remercie de rêver avec moi en ce jour et d'y croire.

Que tous mes voeux de succès vous accompagnent tout au long de cette conférence.

Renseignements

  • Bureau de presse de Rideau Hall
    Isabelle Serrurier
    613-998-7280
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