Coalition canadienne de la santé

Coalition canadienne de la santé

17 juin 2010 10h01 HE

Un éminent économiste brise le mythe selon lequel les soins de santé publics ne sont pas " viables " et il impute la montée en flèche des coûts aux dépenses en soins de santé privés

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 17 juin 2010) - Un des plus éminents économistes du secteur de la santé au monde est sorti de ses gonds aujourd'hui, brisant le mythe selon lequel les soins de santé publics ne sont pas viables et imputant la hausse des coûts aux services de santé privés qui ne sont pas couverts par l'assurance-maladie. En effet, le Dr Robert G. Evans, économiste en santé reconnu à l'échelle mondiale, a envoyé ce message aux membres du Parlement.

« Depuis 1975, les dépenses liées à l'assurance-maladie, notamment les services fournis par les hôpitaux et les médecins, sont demeurées remarquablement stables, représentant 4 % à 5 % de notre produit intérieur brut », affirme le Dr Evans. « Les principaux déterminants des dépenses en soins de santé sont les composantes des soins de santé privés à but lucratif, telles que les médicaments sur ordonnance, les tests de diagnostic payants, les soins dentaires et autres services non assurés. À titre d'exemple, le coût des régimes d'assurance-médicaments augmente de 15 % par année ».

« Les opposants de l'assurance-maladie prétendent que le système public de soins de santé n'est pas « viable financièrement » et que la seule solution viable serait un virage vers une plus grande protection provenant de l'assurance privée », poursuit le Dr Evans. « C'est carrément un mensonge ».

« Viabilité » est un mot code qui est souvent utilisé pour ne pas dire « privatisation » ou « soins de santé à but lucratif », ajoute le Dr Evans. « Tout débat sur la viabilité d'un système public de soins de santé doit commencer par la détermination des responsables et des motifs des dépenses en soins de santé, ainsi que par la détermination claire des gagnants et des perdants par suite de l'érosion ou du démantèlement de l'assurance-maladie. »

S'adressant aux membres du Parlement et aux conseilleurs supérieurs gouvernementaux durant un petit-déjeuner-causerie sur la Colline parlementaire, et ensuite lors d'une conférence de presse au même endroit, le Dr Evans a dénoncé plusieurs des mythes les plus populaires au sujet du coût des soins de santé. Il affirme que « les dépenses publiques en soins de santé ne montent pas en flèche. En fait, elles sont inférieures à la moyenne des pays de l'OCDE. »

Le Dr Evans fait remarquer que nos dépenses liées à l'assurance-maladie occupent aujourd'hui la même part des revenus provinciaux qu'il y a 20 ans. « Les dépenses publiques en soins de santé ne sont pas la cause du problème, mais plutôt les dépenses en soins de santé privés, combinées à une chute des revenus provinciaux découlant des importantes réductions d'impôts accordées au fil des ans. »

Le Dr Evans réfute également le mythe selon lequel le vieillissement de la population rendra les soins de santé inabordables. « À 0,8 % par année, le vieillissement de la population est un facteur très minime de la hausse des coûts des soins de santé, et il est moindre que d'autres facteurs tels que l'accroissement de la population (1 %) », déclare le Dr Evans. « Semer la panique à propos d'une demande accrue de soins par les personnes âgées, que certains appellent un « tsunami gris », ne fait que détourner l'attention du vrai problème. »

Les Canadiens montrent constamment qu'ils tiennent au système public de santé. Nik Nanos, président et chef de la direction de Nanos Research, s'est joint au Dr Evans sur la Colline parlementaire afin de présenter les résultats d'un récent sondage national démontrant que près de 90 % des Canadiens appuient les solutions publiques aux problèmes qui existent dans le système des soins de santé, et que les soins de santé sont l'enjeu national le plus important.

Le Dr Evans, officier de l'Ordre du Canada, Ph. D. (Sciences économiques, université Harvard), M.S.R.C., est professeur Killam au département des sciences économiques de l'Université de la Colombie-Britannique. Mondialement reconnus et respectés, ses travaux comprennent des recherches comparatives novatrices sur divers systèmes de soins de santé et diverses stratégies de financement.

La séance d'information a été organisée par la Coalition canadienne de la santé, un organisme de défense des intérêts du public qui s'est engagée à préserver et à améliorer le régime d'assurance-maladie. Nos membres sont constitués d'organisations nationales représentant des infirmières et infirmiers, des travailleuses et travailleurs de la santé, des personnes âgées, des églises, des organisations de lutte contre la pauvreté, des femmes et des syndicats, ainsi que des coalitions affiliées dans neuf provinces et un territoire.

Renseignements

  • Coalition canadienne de la santé
    Michael McBane, coordonnateur national
    613-277-6295
    mike@medicare.ca