Institut professionnel de la fonction publique du Canada

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21 oct. 2013 11h13 HE

Un nouveau sondage révèle que la plupart des scientifiques fédéraux estiment ne pas être en mesure de parler, même s'il y a des risques pour la santé ou la sécurité publique

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwired - 21 oct. 2013) - Un sondage exhaustif commandé par l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) révèle que 90 % des scientifiques employés au gouvernement fédéral ne se sentent pas libres de parler librement de leurs travaux aux médias. Si leur ministère prenait une décision susceptible de compromettre la santé et la sécurité publique ou de nuire à l'environnement, ils sont presque aussi nombreux (86 %) à dire qu'ils feraient face à la censure ou à des représailles s'ils parlaient.

Ce sondage, dont les résultats sont livrés aujourd'hui dans le rapport intitulé Coup de froid sur la science publique, se veut la première étude qui évalue l'ampleur et l'impact du « musellement » et de l'ingérence politique chez les scientifiques fédéraux depuis que le gouvernement Harper a instauré des politiques en matière de communication qui obligent les scientifiques à faire approuver ce qu'ils peuvent dire avant d'être interviewés par des journalistes. À cet égard, la commissaire à l'Information, Suzanne Legault, mène actuellement sa propre enquête sur ces politiques, vivement critiquées parce qu'elles « bâillonnent » les scientifiques, suppriment l'information qui critique ou contredit la politique du gouvernement et retardent la communication en temps opportun d'informations essentielles aux médias et au public.

Plus particulièrement, le sondage indique aussi que près du quart (24 %) des répondants affirment qu'on leur a demandé directement d'omettre de l'information ou de la modifier pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la science, et plus du tiers (37 %) affirment qu'on les a empêchés de répondre à des questions du public et des médias au cours des cinq dernières années.

Par ailleurs, le sondage nous apprend que près de trois scientifiques fédéraux sur quatre (74 %) estiment que la communication des résultats d'études scientifiques est devenue trop restreinte ces cinq dernières années et qu'ils sont presque aussi nombreux (71 %) à penser que l'ingérence politique nuit à la capacité du Canada d'élaborer des politiques, des lois et des programmes fondés sur des données probantes. Par ailleurs, on constate que près de la moitié des scientifiques (48 %) connaissent des cas où la suppression d'information par un ministère ou un organisme a donné une impression incomplète, inexacte ou trompeuse au public, à l'industrie, aux médias ou aux représentants du gouvernement.

« Les scientifiques fédéraux vivent dans un climat de peur, déclare le président de l'IPFPC, Gary Corbett. C'est un coup de froid provoqué par les politiques gouvernementales qui ne servent les intérêts de personnes et surtout pas ceux du public canadien. La salubrité de nos aliments, la qualité de l'air, de l'eau et de l'environnement et la sécurité de centaines de produits industriels et de consommation dépendent de la capacité des scientifiques fédéraux de donner en temps opportun de l'information complète, objective et exacte aux Canadiens. Pour satisfaire ces objectifs, il faut changer les politiques actuelles ».

« Pour résoudre le problème, il faut avant toute chose documenter le problème » explique Francesca Grifo, chercheure principale de l'association américaine « Union of Concerned Scientists » un organisme de scientifiques fédéraux qui a vécu des problèmes similaires sous l'administration Bush fils. « Il n'y a aucun espoir de résoudre ces questions si vous ne les comprenez pas entièrement ».

Une invitation à participer au sondage en ligne orchestré par la maison de sondage Environics Research a été envoyée à 15 398 membres de l'Institut - scientifiques, chercheurs et ingénieurs - travaillant dans le domaine scientifique dans plus de 40 ministères et organismes gouvernementaux fédéraux. De ce nombre, 4 069 (26 %) ont répondu au sondage entre le 5 et le 19 juin 2013. La marge d'erreur des résultats du sondage est de ± 1,6 %, 19 fois sur 20.

Téléconférence : Les représentants des médias qui désirent participer par téléconférence peuvent composer le 1-866-797-9099 (sans frais) ou le 613-787-5142 (local). Le numéro d'identification pour la téléconférence est le 8705669.

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Renseignements

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    613-228-6310, poste 2303
    613-883-4900 (cell.)

    Pierre Villon
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