Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa

Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa

18 nov. 2013 12h00 HE

Un programme de soutien aiderait les familles de patients cardiaques à prendre leur santé en mains

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwired - 18 nov. 2013) - Les membres des familles de patients atteints d'une maladie du cœur ont adopté un mode de vie plus sain et diminué leur risque d'événement cardiovasculaire après avoir participé à un programme visant à améliorer la santé cardiaque, selon une étude clinique de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa (ICUO) publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne [en anglais seulement].

Les membres de la famille d'un patient atteint d'une maladie coronarienne ont plus de risques de souffrir d'une maladie cardiovasculaire en raison des facteurs comportementaux, comme la mauvaise alimentation, le manque d'exercice, le tabagisme et autres, qui s'ajoutent aux facteurs génétiques.

Une étude d'un an sur la santé cardiaque des familles réalisée auprès de 426 frères, sœurs, enfants et conjoints de patients hospitalisés en raison d'un événement coronarien aigu s'est penchée sur l'effet d'un programme d'intervention spécialisé sur les taux de cholestérol, l'activité physique, la consommation de fruits et légumes et d'autres paramètres. L'étude clinique a affecté aléatoirement à un groupe d'intervention 211 membres des familles qui ont bénéficié de 17 séances de consultation avec une éducatrice en santé cardiaque, d'une définition d'objectifs et de rétroaction. Des rapports détaillés sur l'état de santé et les recommandations étaient aussi envoyés au médecin de famille des patients. À l'opposé, les 215 membres des familles affectés au groupe témoin n'ont reçu que des documents imprimés sur l'abandon du tabac, la saine alimentation, l'activité physique et la gestion du poids.

Les gens du groupe d'intervention sont devenus plus actifs physiquement, avec 66 minutes additionnelles d'activité physique hebdomadaire après 3 mois, comparativement au groupe contrôle. Après 12 mois, ils comptaient 24 minutes additionnelles d'activité, soit un peu moins qu'à 3 mois, mais plus qu'au début de l'étude. Les membres des familles faisant partie du groupe d'intervention ont ajouté plus de fruits et de légumes à leur alimentation, et leur indice de masse corporelle ainsi que leur tour de taille ont diminué. Cependant, il ne semble pas y avoir d'effet sur le rapport cholestérol total-lipoprotéines de haute densité.

« Les effets de l'intervention d'une éducatrice en santé cardiaque sur la motivation et la capacité à changer de comportement des membres des familles sont impressionnants et cliniquement importants », écrit Robert Reid, chef adjoint de la Division de prévention et de réadaptation à l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa. « Les changements rapportés par les participants eux-mêmes en matière d'activité physique, d'habitudes alimentaires et d'abandon du tabac ont été corroborés par des améliorations observées avec des mesures objectives comme l'indice de masse corporelle, le tour de taille et le monoxyde de carbone expiré. »

Un plus grand nombre de participants du groupe d'intervention avaient cessé de fumer après 1 an, soit 6 abandons pour 1 seul dans le groupe témoin.

Les auteurs suggèrent que les composantes du programme - détermination d'objectifs, autosurveillance, contacts fréquents avec les éducatrices en santé cardiaque, rétroaction et autres - ont joué le rôle de motivateurs pour les changements de comportement comparativement à des approches plus passives comme les brochures génériques utilisées par de nombreux médecins dans leur pratique.

Leçons tirées :

  • Les membres des familles souhaitaient en savoir davantage sur leur propre risque de maladie du cœur et la façon de le diminuer;
  • Prendre connaissance de leur niveau de risque a incité plusieurs participants à changer leur comportement;
  • Les participants étaient motivés et prêts à avoir des contacts téléphoniques fréquents avec une éducatrice en santé cardiaque.

« Le fort engagement des participants et un coût raisonnable (240 $) laissent croire que l'intervention est faisable dans des milieux non tribaux », concluent les auteurs.

L'étude a été menée par des chercheurs de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa, Ottawa (Ontario); du Centre médical de l'Université Columbia, New York (New York); du Bureau de santé du district North-Bay-Parry Sound, North Bay (Ontario); et du Département de médecine de l'Université Dalhousie, Halifax (Nouvelle-Écosse).

Le programme CardioPréventionMC de l'Institut de cardiologie d'Ottawa aide les personnes présentant des facteurs de risque à réduire leur probabilité de développer une maladie cardiovasculaire. Nos experts établissent des programmes personnalisés en vue d'améliorer le bien-être et la qualité de vie des participants. CardioPréventionMC est gratuit et est ouvert aux personnes qui présentent un risque modéré ou élevé de maladie cardiovasculaire.

Renseignements

  • Vincent Lamontagne
    Gestionnaire principal, Affaires publiques
    Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa
    613 899-6760
    vlamontagne@ottawaheart.ca