SOURCE: Le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT)

Le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT)

25 juin 2014 13h00 HE

Un rapport du CCLT met en lumière des signes avant-coureurs pouvant aider à protéger les enfants et les adolescents des méfaits de la toxicomanie

VANCOUVER, BC--(Marketwired - 25 juin 2014) - Le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT) a publié aujourd'hui l'édition 2014 du rapport Toxicomanie au Canada, intitulé Voies menant aux troubles liés aux substances dans l'enfance et l'adolescence, en parallèle au 29e Congrès international de neuropsychopharmacologie du CINP qui se tient à Vancouver en Colombie-Britannique.

La toxicomanie coûte plus de 40 milliards de dollars par année à l'économie canadienne, et entraîne de graves méfaits pour les personnes, les familles et les collectivités. Le lancement national du rapport aujourd'hui met en lumière certains des marqueurs comportementaux précoces du risque de futurs troubles liés aux substances, ainsi que des facteurs de protection comme la nurturance parentale et le sentiment d'appartenance à l'école, qui favorisent la résilience chez l'enfant et contribuent à prévenir les mauvais résultats, dont la consommation et l'abus de substances.

Cette information est vitale, car comme le révèle une récente étude de Santé Canada, un élève sur cinq de la 7e à la 12e année présente un risque élevé d'abus de substances, ce qui représente près d'un demi-million d'enfants canadiens. La proportion est plus élevée chez les jeunes plus âgés : un tiers des élèves de la 10e à la 12e année présentent un risque élevé d'abus de drogues et d'alcool. Toutefois, la détection de problèmes potentiels peut révéler des signes avant-coureurs pouvant présager de futurs troubles liés aux substances, offrant la possibilité de mettre en place des interventions efficaces pour les jeunes Canadiens.

Les constatations du rapport montrent bien la complexité de la voie menant à la toxicomanie, impliquant l'hérédité, la chimie du cerveau, le comportement, les styles de personnalité, et l'environnement.

Les personnes atteintes de troubles liés aux substances éprouvent souvent d'autres problèmes qui trouvent généralement leur source tôt dans la vie. Les troubles liés aux substances sont considérés comme des troubles du développement ayant manifestement des racines dans l'enfance. C'est pour cela qu'il est nécessaire de cibler l'enfance et l'adolescence, quand la prévention peut avoir une incidence majeure sur les résultats pour la santé à long terme.

Le rapport cherche à sensibiliser les parents, les pairs, les enseignants, les membres de la communauté, les gardiens et le corps médical au dépistage précoce pour déceler des facteurs de stress comme les abus physiques ou psychologiques, les signes comportementaux comme une régulation déficiente des impulsions, la colère et d'autres états d'humeur négatifs, et la négligence et les mauvais traitements pendant l'enfance. La détection précoce de problèmes potentiels offre une occasion de mettre en place des programmes de prévention et des interventions précoces plus efficaces pouvant aborder les risques de problèmes de toxicomanie éventuels avant qu'ils n'apparaissent.

Recommandations du rapport

Dans l'appel à l'action qui constitue le dernier chapitre du rapport, le CCLT présente plusieurs recommandations, notamment :

  • Les années de l'école élémentaire peuvent être le moment idéal pour offrir des programmes de prévention et d'intervention précoce basés sur l'âge. En effet, le moment auquel les efforts de prévention et d'intervention sont mis en œuvre revêt une importance cruciale. Plus un enfant commence tôt à manifester des comportements d'extériorisation, plus il peut subir des conséquences néfastes. Ces comportements constituent des facteurs de risque pour divers problèmes de santé mentale, dont la toxicomanie. Si ces problèmes ne sont pas traités correctement, les résultats peuvent être plus graves. Inversement, plus les interventions de protection sont mises en œuvre tôt, meilleurs peuvent être les résultats.

  • Les milieux scolaires offrent des occasions de s'attaquer à un vaste éventail de difficultés sociales et scolaires influant sur la vulnérabilité aux troubles liés aux substances plus tard dans la vie.

  • Est nécessaire un système de classification des signes avant-coureurs biologiques et comportementaux précis qui va au-delà du simple signalement de la violence, de la négligence et de la maltraitance. Un tel système aiderait les intervenants auprès des jeunes à connaître les facteurs de risque pertinents et à se concentrer sur la promotion de la résilience. Ces marqueurs de risque aideraient à cibler les jeunes qui ont besoin d'une intervention et à indiquer les éléments d'interventions qui donneraient les meilleurs résultats. 

  • Une meilleure compréhension et connaissance des facteurs liés à la résilience est nécessaire, car outre la présence de facteurs de risque, l'absence de facteurs de protection influe également sur le développement de la toxicomanie.

  • Le corps médical a lui aussi un rôle essentiel à jouer dans le dépistage et l'intervention précoces, dans le cadre de l'approche multidisciplinaire élargie nécessaire au repérage et au traitement efficace de jeunes susceptibles d'être à risque.

  • Des recherches supplémentaires devraient donner suite aux récentes constatations issues du domaine de la neurobiologie selon lesquelles les expériences vécues à la petite enfance peuvent modifier le cerveau et, par la suite, ou bien laisser présager de mauvais résultats ou bien renforcer la résilience et protéger contre la toxicomanie plus tard dans la vie.

Dans l'immédiat, les parents, les pairs, les enseignants, les professionnels de la santé, les membres de la collectivité et les gardiens peuvent reconnaître qu'ils ont la responsabilité de contribuer à favoriser la résilience et de protéger contre les troubles liés aux substances plus tard dans la vie, en contribuant à remarquer les signes avant-coureurs et à prendre des mesures pour y parer. Un engagement collectif à long terme à mettre en œuvre des interventions à facettes multiples et fondées sur des données probantes entraînera une amélioration durable du bien-être des jeunes.

La série Toxicomanie au Canada du CCLT

Tous les deux ans, le CCLT rassemble des chercheurs et des cliniciens pour produire un nouveau rapport dans la série Toxicomanie au Canada. Chaque rapport met en évidence un enjeu important lié aux drogues et à l'alcool. Voies menant aux troubles liés aux substances dans l'enfance et l'adolescence donne suite au rapport de novembre 2013 sur les préoccupations liées à la santé néonatale et infantile en examinant un grand nombre d'enjeux liés aux expériences et aux autres facteurs dans l'enfance et l'adolescence pouvant influer sur de futurs troubles liés aux substances. Le prochain rapport, qui devrait être publié en 2015, examinera les effets du cannabis sur le cerveau de l'adolescent.

Citations

" La toxicomanie est un problème complexe - si important et si ancré qu'un seul groupe ou une seule approche ne suffit pas à le résoudre. Néanmoins, il est possible de prévenir et de traiter la toxicomanie, et le rétablissement est une réalité pour de nombreuses personnes. Le rapport d'aujourd'hui présente des occasions d'intervenir aux stades les plus précoces, et ces investissements dans nos jeunes peuvent entraîner une amélioration à long terme des résultats en matière de santé, ainsi que des résultats socioéconomiques des jeunes et des familles. "

Rita Notarandrea
Première dirigeante adjointe, Centre canadien de lutte contre les toxicomanies

" Le rapport d'aujourd'hui souligne à quel point les facteurs développementaux sont importants pour comprendre les troubles liés aux substances. La connaissance des voies développementales menant à l'abus de substances chez les jeunes et plus tard dans la vie est essentielle pour faire avancer les stratégies de traitement et de prévention. "

Franco Vaccarino, Ph. D.
Président du Conseil consultatif scientifique, CCLT
Professeur de psychologie et de psychiatrie, Université de Toronto

" Seules certaines personnes qui essayent la drogue et l'alcool développent des problèmes de dépendance. Les recherches récentes indiquent que les jeunes susceptibles de développer un tel problème peuvent être identifiés avant l'apparition du problème et qu'il est possible de leur enseigner des stratégies d'adaptation. "

Marco Leyton, Ph. D.
Professeur au département de psychiatrie, Université McGill
Ancien président, Collège canadien de neuropsychopharmacologie, Université McGill

" Les recherches décrites dans le présent rapport reflètent une approche de prévention multidimensionnelle et interdisciplinaire. Cette approche exige un soutien considérable pour mettre au point, tester et mettre en œuvre les types d'interventions personnalisées qui contribueront à retarder ou à prévenir la toxicomanie. Il ne faut pas s'attendre à des résultats immédiats, mais les retombées à long terme sur le plan des résultats familiaux, socioéconomiques et de santé pourraient être remarquables. "

Rajita Sinha, Ph. D.
Professeure de psychiatrie, de neurobiologie et dans le Child Study Centre, Yale University
Directrice du Yale Interdisciplinary Stress Center, chef de la section de psychologie en psychiatrie, et directrice adjointe du Yale Center for Clinical Investigation

Consultez le rapport complet et le rapport en bref depuis la page Toxicomanie au Canada du site Web du CCLT.

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Le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT) transforme des vies en mobilisant les gens et les connaissances afin de réduire les méfaits de l'alcool et des drogues sur la société. En partenariat avec des organismes publics et privés et des organisations non gouvernementales, il travaille à améliorer la santé et la sécurité des Canadiens.

Les activités et les produits du CCLT sont réalisés grâce à la contribution financière de Santé Canada. Les opinions exprimées par le CCLT ne reflètent pas nécessairement celles du gouvernement du Canada.

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