Légion royale canadienne



Légion royale canadienne

07 mars 2013 14h27 HE

Un urgent besoin d'agir pour les Canadiens dit la Légion royale canadienne

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 7 mars 2013) - La Légion royale canadienne s'affaire depuis 1926 à être un fervent défenseur des enjeux liés aux anciens combattants, mission qu'elle poursuit d'ailleurs avec la plus grande fierté et intégrité. En tant que président national élu de la Légion, je me suis engagé à ce que tous les vétérans et leurs familles soient traités avec respect, dignité et équité, et à ce qu'ils aient accès aux programmes et aux avantages qu'ils méritent. Or aujourd'hui, la réalité à laquelle nous sommes confrontés est que les vétérans canadiens ne reçoivent pas de prestations adéquates au moment où ils en ont le plus besoin.

En 1921, lorsque le Fonds du Souvenir a été constitué et a commencé à recevoir un financement public, le gouvernement du Canada assumait dès lors sa responsabilité et son obligation de s'assurer que les anciens combattants puissent en toute dignité avoir droit à des funérailles. Or la réalité aujourd'hui est tout autre. La Légion royale canadienne demeure atterrée par l'inaction du gouvernement à mettre en place les améliorations tant attendues du Programme de funérailles et d'inhumation en faveur des anciens combattants et de leurs familles. Nos anciens combattants croulent sous le poids du comportement irrespectueux adopté par un gouvernement qu'ils ont servi et protégé. Il ne fait aucun doute que le soutien pour des funérailles et une inhumation adéquates demeure un enjeu primordial et urgent pour nos anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée.

Le 31 janvier 2013, la Légion royale canadienne a lancé à l'échelle nationale une campagne épistolaire. Depuis le lancement de cette campagne, d'innombrables lettres se sont acheminées vers les bureaux des membres des différents partis de la Chambre des communes, soit par télécopieur, par courriel ou encore par la poste. En réponse à nos lettres, le gouvernement réplique qu'ils contribuent plus que 3 600 $ en soutien aux funérailles d'un ancien combattant, et dans quelques cas, jusqu'à un maximum de 10 000 $.

Or cette information est trompeuse et induit en erreur les anciens combattants et leurs familles, ainsi que le public canadien. L'enjeu véritable a trait au montant maximum de subvention pour les frais de services funéraires, soit 3 600 $, pour couvrir les coûts d'un service funéraire à la fois simple et rendu en toute dignité, couvrant les frais liés à un directeur de service funéraire, à un cercueil ou une urne, à la préparation du corps, à une salle pour l'exposition du corps, à la location d'un véhicule et à l'enterrement. Ces frais ne sont pas liés aux frais se rapportant au lieu de sépulture; en effet, le gouvernement prévoit le remboursement pour le terrain le moins cher du cimetière et, comme tel, ces frais ne font pas partie de la subvention liée aux funérailles et à l'inhumation. Le gouvernement ne devrait pas combiner ces deux avantages; ce faisant, le gouvernement ne fait qu'ajouter à la confusion.

Trois enjeux majeurs ont besoin d'être résolus dans ce dossier :

1. La prestation de 3 600 $ présentement offerte pour défrayer le coût des services funéraires est largement insuffisante et n'a pas été augmentée depuis 2001, ni ajustée pour tenir compte du coût de la vie. En d'autres mots, l'aide apportée par le gouvernement ne suffit pas pour répondre aux besoins des anciens combattants et de leurs familles, et en particulier dans certains cas où des difficultés financières sont présentes. De plus, le caractère normatif de diverses dépenses couvrant des aspects particuliers des services funéraires est bureaucratique et excessivement lourd, retarde le processus de remboursement et nuit à la flexibilité de planification des funérailles pour les familles. Tout cela, alors que le gouvernement a pris l'habitude de dire : « Nous devons réduire la paperasse ».

2. En 1995, le montant de l'exemption de droits de succession des survivants est passé de 24 030 $ à 12 015 $ dans le cadre des coupures budgétaires. Ce montant est trop bas et n'offre aucun ajustement qui tient compte des augmentations liées au coût de la vie. Ainsi, un conjoint survivant serait inadmissible à un soutien financier si la valeur de la succession de l'ancien combattant devait être supérieure à 12 015 $. Ce montant étant nettement moins élevé que le seuil de pauvreté, il fait en sorte d'exclure du processus plusieurs anciens combattants et leurs familles.

3. L'admissibilité aux prestations de funérailles et d'inhumation devrait être accordée aux vétérans à faible revenu de l'après-guerre de Corée; et que ces derniers se voient refuser l'admissibilité à ce programme demeure pour la Légion une grave préoccupation. Ces vétérans sont prêts à mettre leur vie en jeu pour notre pays; cela dit, ils ont droit à des funérailles en toute dignité. C'est là le dernier et le meilleur hommage que les Canadiens et les Canadiennes puissent leur offrir. Ces quelques vétérans ne devraient pas être oubliés et laissés pour compte. Cette possibilité dans le cas d'un vétéran itinérant évoque un bien triste exemple.

Ces trois enjeux sont à l'ordre du jour depuis 2004 et :

- ont fait l'objet d'une analyse complète dans le rapport 2009 du Bureau de l'Ombudsman des vétérans (Le service avec honneur, le départ dans la dignité),

- ont reçu l'appui du Comité permanent des anciens combattants dans son rapport 2011 (Commémoration au 21e siècle),

- ont reçu l'appui de 17 groupes de vétérans qui, de façon unanime, en 2011 et en 2012, ont appuyé l'exigence d'améliorations immédiate, et enfin,

- ont reçu l'appui de la Légion royale canadienne et de ses 330 000 membres lors de ses congrès nationaux tenus en 2008, en 2010 et en 2012, en les identifiant comme étant de haute priorité.

Alors que le gouvernement prétend qu'il n'a pas les moyens de bonifier ce programme, la Légion croit plutôt que le gouvernement ne veut tout simplement pas l'améliorer. Bien que les anciens combattants du temps de guerre en 1945 se chiffraient à environ un million, la plupart ont servi pendant une période de six ans et sont concentrés de par leur distribution par âge. Il y a plus de 594 500 vétérans qui ont servi depuis la Guerre de Corée donc, leur structure d'âge est très large par leur distribution. De plus, un très grand nombre d'entre eux ont fait leur carrière comme militaire et reçoivent une pension et d'autres avantages des Forces canadiennes qui les excluraient d'une aide pour cause d'insuffisance de ressources financiers.

Bien qu'une admissibilité accrue entraîne un financement permanent, le niveau de référence annuel continuera de chuter sensiblement au cours des cinq voire sept prochaines années, dû à la population décroissante d'anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée. Donc, d'un point de vue financier, l'apport de changements au programme ne sera pas un fardeau important pour le gouvernement. En élargissant l'admissibilité aux vétérans à faible revenu de l'après-guerre de Corée, la demande annuelle, à long-terme, ne serait pas la même pour cette prestation, encore là le fardeau financier serait peu important pour le gouvernement. En 2012, le Fonds du Souvenir a apporté son aide à 1 326 vétérans du tems de guerre; or, durant la même année, seulement 12 vétérans des Forces canadiennes, qui avaient été exclus du programme, ont reçu une aide sous la forme de dons.

Nous invitons donc tous les Canadiens et Canadiennes qui veulent prêter leur soutien à cette campagne à bien vouloir envoyer une lettre à leur membre du Parlement pour leur demander d'intervenir auprès du gouvernement et exiger leur action pour que nos anciens combattants, en particulier les plus vulnérables d'entre eux, soient conduits à leur dernier repos en toute dignité, et qu'une aide soit apportée à leurs familles en ces moments difficiles. Vous retrouverez sur le site Web de la Légion à www.legion.ca une lettre pro forma que vous pourrez à votre choix imprimer et mettre à la poste, ou encore envoyer par courriel, à votre député fédéral.

Nos vétérans et leurs familles méritent d'être traités avec respect et dignité pour le service qu'ils ont rendu à notre pays. En tant que fier Canadien, je n'oublie pas nos vétérans et leurs familles... et la Légion non plus n'oublie pas.

Nous nous souviendrons d'eux,

Gordon Moore

Président national

La Légion royale canadienne.

Renseignements

  • Bruce Poulin
    Direction nationale de la Légion royale canadienne
    (613) 591-3335 poste 241 ou (613) 292-8760