Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada



Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada

15 mars 2013 13h51 HE

Une décision inquiétante, qui permet au ministère de s'ingérer dans la relation entre le médecin et son patient

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 15 mars 2013) - Messieurs Russell Williams, président de Rx&D - Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada et Claude Perron, président du Comité Québec de Rx&D et PDG de Shire Canada Inc, tiennent à exprimer leur insatisfaction et leur préoccupation quant à l'annonce aujourd'hui du ministre québécois de la Santé et des Services sociaux de la mise en place d'un prix maximum payable (PMP) à 0,55 cent pour l'ensemble des médicaments de la classe des inhibiteurs de pompes à protons (IPP) dès le 1er octobre prochain.

« En fixant un PMP, plusieurs des 200 000 patients touchés se verront confrontés au choix difficile de maintenir leur thérapie médicamenteuse existante en déboursant l'écart entre le prix de leur médicament et celui remboursé par le ministre ou de changer pour un médicament différent susceptible d'engendrer une réponse différente ainsi que des effets secondaires. Il s'agit d'un précédent majeur au Québec, car en s'ingérant ainsi dans la relation entre le médecin et son patient, le ministre de la Santé restreint les choix des médecins et leur liberté de prescrire les médicaments qui, selon leur jugement clinique, sont les plus appropriés pour chacun de leurs patients, et ce, pour le seul motif de dégager des économies qui seront de toute manière en grande partie annulées par des visites médicales supplémentaires et des conseils pharmaceutiques accrus.

« Alors que le dernier budget du Québec annonçait un changement à la couverture des médicaments afin de réduire les dépenses, il est clair que l'avis demandé à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) par le ministre et publié aujourd'hui, ainsi que sa décision annoncée le même jour, sont uniquement guidés par des considérations budgétaires à court terme. Rx&D comprend mal cette précipitation alors que l'industrie était disposée à trouver une solution en réduisant les risques de perturbations chez des centaines de milliers de patients.

« Nous demandons au ministre de publier les analyses d'impact effectuées par son ministère pour justifier une telle approche et de revoir sa décision. Rappelons qu'une étude indépendante publiée dans le journal Alimentary Pharmacology & Therapeutics a démontré qu'en Colombie-Britannique, bien que des économies aient été observées dans le budget médicament en y appliquant une approche similaire pour la même classe de médicaments visés par le ministre Hébert, les coûts globaux de santé ont augmenté de plus de 43 millions de dollars.

« Le modèle québécois en matière d'assurance et d'évaluation des médicaments est salué par plusieurs intervenants, groupes et observateurs. Dans ce contexte, il est inquiétant de constater que le ministre ait recours à une approche qui a fait l'objet de plusieurs critiques, notamment en raison de ses impacts sur l'accès aux médicaments par les patients et la restriction de la liberté de choix des prescripteurs. Notons également que depuis 2008, les dépenses publiques pour ce type de médicament ont chuté de 25 pour cent au Québec.

« Le véritable défi reposant sur l'intensification des efforts en matière d'utilisation optimale des médicaments, il est fort décevant de constater que la décision du ministre ne prévoit rien dans ce sens. Nous croyons qu'il aurait été préférable d'aborder le dossier des IPP en partenariat entre le gouvernement du Québec et les fabricants visés, un partenariat qui aurait eu pour effet de dégager des pistes de solution plus appropriées pour l'ensemble de la société québécoise.

« Outre ces préoccupations sérieuses, cette approche va à l'encontre du respect et de la reconnaissance de l'innovation au Québec. Elle s'ajoute aux autres mesures néfastes du dernier Budget du Québec pour l'ensemble du secteur de la recherche pharmaceutique. Tout ceci envoie un message fort contradictoire alors que le gouvernement dit vouloir bâtir un pôle d'excellence en biopharmaceutique.

« Procéder sans consultation et de façon précipitée va à l'encontre de la création d'un environnement contribuant à positionner le Québec comme un leader mondial dans le secteur des sciences de la vie et à attirer au Québec une plus grande part des 110 milliards de dollars consacrés à la recherche chaque année à l'échelle mondiale. Le contexte actuel jumelé aux actions cumulatives récentes contribueront fort probablement, à moyen terme, à ralentir, voire déplacer les activités de l'industrie pharmaceutique québécoise, y compris les activités de recherches publiques et privées, qui constituent pourtant un maillon fort du secteur des sciences de la vie.

« Rappelons que le Québec a fait le choix unanime au cours des 20 dernières années de fonder son économie sur le savoir et l'innovation. Diverses politiques et mesures d'appui audacieuses ont permis l'émergence au Québec d'une industrie de recherche pharmaceutique forte et dynamique. En raison de ce choix, le Québec a réussi à attirer en 2010, près de 450 millions d'investissements en R et D dans ce secteur, soit 45 % de tous les investissements au Canada et près de 16 000 emplois directs et indirects y sont reliés, générant des impacts totaux de 1,2 milliard $ dans l'économie québécoise. »

À propos de Rx&D

Rx&D est une association de compagnies de pointe en recherche pharmaceutique engagées à améliorer la santé des Canadiens et des Canadiennes grâce à la découverte et au développement de nouveaux médicaments et vaccins. Notre communauté représente les hommes et femmes œuvrant pour plus de 50 compagnies membres et investit plus d'un milliard de dollars en recherche et développement chaque année pour alimenter l'économie du savoir au Canada, contribuant pour plus de 3 milliards de dollars à l'économie canadienne. Guidés par les pratiques de notre Code d'éthique, nos membres sont engagés à travailler en partenariat avec les gouvernements, les payeurs des régimes privés, les professionnels de la santé et les autres intervenants selon des règles d'éthique strictes.

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