Regroupement pour la responsabilité sociale et l'équité

04 avr. 2006 09h00 HE

Visant Bombardier, Barrick Gold et Alcan, les actionnaires exigent une meilleure gouvernance sociale et environnementale

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 4 avril 2006) - Cette année, pour la saison des assemblées générales des entreprises, quatre propositions d'actionnaires à caractère social et environnemental ont été déposées auprès de Bombardier, Alcan et Barrick Gold. Trois de ces propositions ont été déposées par des membres du Regroupement pour la responsabilité sociale et l'équité (RRSE) et une par le Comité syndical national de retraite Bâtirente (Bâtirente).

Le RRSE soutient que la responsabilité sociale des entreprises passe par la responsabilité sociale des actionnaires. Lorsque des risques lui sont signalés, le RRSE entreprend une vérification d'informations en s'appuyant sur ses réseaux locaux et internationaux. Dans sa démarche auprès des entreprises, il privilégie l'ouverture et le dialogue. Toutefois, lorsque le dialogue ne donne pas de résultats probants, le RRSE croit que les actionnaires ont le devoir de signaler, par voie de proposition, les risques potentiels liés aux décisions d'une entreprise. C'est dans cet esprit que des membres du RRSE ont sollicité, cette année, l'appui de Bâtirente et de The Ethical Fund Company (de Vancouver) pour déposer trois propositions et ont de fait appuyé celle de Bâtirente.

Une première proposition demande à Bombardier de développer une politique sur les droits humains s'appliquant dans ses sphères d'influence et de produire un rapport indépendant sur les progrès qu'elle aura accomplis à ce propos, d'ici novembre 2006. Cette proposition découle d'abord de la participation de Bombardier à divers projets industriels en Chine, notamment le projet de chemin de fer Qinghai-Tibet qui pourrait avoir des impacts négatifs sur les droits humains des Tibétains. Les proposeurs, la Corporation des Syndics Apostoliques des frères mineurs ou Franciscains, appuyée par La Congrégation des Sours de Sainte-Anne, estiment que la controverse suscitée par la construction du chemin de fer Qinghai-Tibet illustre clairement les risques d'image et de réputation auxquels s'exposent les entreprises qui ont des activités dans des pays comme la Chine, réputés pour des violations en matière de droits fondamentaux. Les proposeurs pensent qu'il est dans le meilleur intérêt de Bombardier d'adopter une politique globale sur le respect des droits humains dans ses activités.

En ce qui a trait à Barrick Gold, deux propositions ont été déposées. La première porte sur le projet de mine à ciel ouvert Pascua-Lama, à la frontière du Chili et de l'Argentine, à plus de 4000 mètres d'altitude, dans une zone sismique hébergeant des glaciers et la source d'approvisionnement en eau des agriculteurs des vallées environnantes. La proposition vise à aligner l'entreprise sur les normes internationales quant au droit à l'eau et aux consultations des populations notamment. La seconde vise l'adhésion à l'Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) qui permet aux entreprises, aux pays hôtes et aux parties prenantes de décider ensemble de la meilleure façon de divulguer les sommes payées et reçues dans le cadre de l'exploitation de ressources naturelles. La première proposition a été déposée par Les Sours de Sainte-Anne du Québec et appuyée par Bâtirente ; la seconde, faite par Bâtirente et appuyée par la même corporation religieuse. Dans les deux cas, Barrick Gold a accepté les propositions et doit publier ses engagements sur son site Internet. Dans le cas de Pascua-Lama, l'entreprise doit aussi publier sur son site Internet, d'ici octobre 2006, un rapport sur les mesures qu'elle prend pour se conformer aux normes indiquées.

Dans le cas d'Alcan, la proposition vise le projet Utkal en cours de développement en Inde et dont l'entreprise est partenaire à 45%. Le projet consiste en l'exploitation d'une mine de bauxite et d'une usine d'alumine dans l'Etat d'Orissa. Le RRSE s'est engagé dans un dialogue avec Alcan au sujet de ce projet à la suite de demandes venant des Eglises de Norvège et d'Inde. Celles-ci s'inquiétaient de violences commises à l'encontre des populations s'opposant au projet, violences qui ont déjà fait trois morts. En presque cinq années de "dialogue", Alcan s'est toujours dit incapable de communiquer ses études d'impacts au RRSE en vue de lui permettre d'évaluer par lui-même la justesse des données reçues d'autres sources crédibles à l'effet que : 1) les impacts seraient beaucoup plus importants que ce que l'entreprise laisse entendre; 2) les populations affectées n'auraient été ni adéquatement informées, ni consultées et; 3) les compensations prévues seraient insuffisantes compte tenu des impacts. Le projet Utkal est une illustration type des risques financiers que courent les entreprises qui ne soignent pas, dès le début, leurs relations avec les populations pauvres et vulnérables affectées par les conséquences sociales et environnementales de leurs projets. Cette proposition a été déposée par les Oblats Missionnaires de Marie-Immaculée, appuyée par Ethical Funds et Bâtirente.

Les porte-parole du RRSE, de membres proposeurs et de Bâtirente sont disponibles pour donner des entrevues au sujet de ces propositions.

Renseignements

  • RRSE
    Diane Boudreault
    (514) 722-1414 / (514) 236-6202